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DIAPHANE MONOCHROME RVB 01

Pays du Coquelicot — Ecole de Bécordel-Bécourt

Ateliers à l'école de Bécordel-Bécourt 

Journal de bord par Philippe Garon, écrivain et Valentine Vermeil, photographe

Valentine Vermeil le 01.02.2024
Deuxième atelier

Thierry a reçu des photos comme demandé la semaine dernière, c’est formidable, nous allons passer à la vitesse supérieure. Je sens qu’ils trépignent à l’idée de faire, enfin, des photos ! Je vais pourtant commencer par faire une séance collective de lecture d’image, apprendre à regarder et décrire c’est primordial. J’ai une cocote en papier avec des questions dissimulées pour rendre l’exercice plus ludique ! Puis vient le temps de l’exercice des portraits à distance variable 1, 2, 3 et le format vertical. Le temps de comprendre comment marche les appareils, certains sont plus dégourdis que d’autres mais tout le monde s’amuse ! De retour en classe, chaque élève raconte les notes qu’il ou elle a prise avec Philippe, le lieu, les animaux, et les actions. Le temps de faire le tour de la classe, il nous reste 15 minutes pour mimer et immortaliser les actions décrites.

 

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Philippe Garon le 25.01.2024
Premier atelier

Cette nuit, le diable est resté tranquille. Je n’ai pas eu besoin de lui pour me payer une belle petite insomnie créative. Mais à l’heure des poules, il a aidé les éboueurs à ramasser les vidanges et le recyclage. Pas pire barda! J’ai réussi à me rendormir, mais à sept heures, un ding-ding-ding-dong me parvient du beffroi : debout son père ! Bon. Eul carillon d’la mairie aurait besoin d’amour. Y manque des notes à sa mélodie de Westminster. Mais j’aime que ces cloches au son un peu gourd ponctuent ma vie diurne ici. Il mouillasse aujourd’hui. Mais j’ai la tête dure. Je prends quand même le bicycle à Thierry pour aller le rejoindre dans sa classe avec ses petits. C’est juste à trois kilomètres d’ici. Je suis pas fait en chocolat.

 

 

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C’est pour me vanter, mais je qualifierais l’activité de triomphe. Faut dire que ces enfants-là sont allumés, calmes, charmants, attentifs, participatifs. Et bien compréhensifs à l’endroit du monsieur extraverti que je suis. À moins qu’elles et ils n’aient rien compris à cause de mon accent. Non… Je le sais qu’on s’est compris. Qu’on s’est même rencontrés. C’était grandiose. Arrivé comme un cheval sur la soupe, j’ai sauté dans le vif du sujet tout en me débougrinant. L’image du rocher Percé projetée par Thierry sur le tableau électronique m’a inspiré une fabuleuse chire géographico-politico-linguistico-historico-hystérique sur mon Québec natal. Ça commençait en lion. Oh le délire! Mais considérant les rires que ç’a générés, je pense que ç’a très bien marché. Après, je leur ai proposé un exercice de visualisation. Pour énoncer plein d’ingrédients en lien avec le lieu et l’activité que Valentine les avait aidé.e.s à trouver. Je pense qu’on peut dire qu’on a bien travaillé. Plusieurs ont noirci leur page de notes. En vue de l’étape suivante, que je leur ai dare-dare expliquée : dessiner la scène qu’elles et ils voyaient mentalement, mais sans se mettre dedans. J’ai bien hâte de découvrir ce que ça va donner… Je pense qu’on pourra s’amuser à les utiliser pour réaliser des chefs-d’œuvre de découpage et de collage…

Mon retour à pédales m’active bien la patate. Après un petit arrêt chez Ding Fring pour m’acheter les hardes qui me permettront d’aller à l’écurie sans empester mes beaux habits, je me lance dans la concoction d’une soupe au chou. Exceptionnellement, moi dont l’appétit reste obstinément collé sur l’horaire de la Gaspésie, nous la dégusterons à l’heure locale, car un spectacle nous attend : les Goguettes (en trio, mais à quatre). En chemin en marche à pied, à l’intersection de Gallieni et Jean-Guyon, un automobiliste rase de me lutter. Étrange… Même pas peur. Je crois avoir sous-contracté l’émotion à Valentine. Quelle fin absurde c’eut pu être! Écrapouti sur l’asphalte de la Picardie… Povre petit moi… Mais envers et contre tous, on réussit à aboutir au Zèbre. Mais c’est qu’ils sont sacrément talentueux ces parodistes de la chanson! Bon, avec toutes ces références à l’actualité politique franco-française, j’en comprends pas la moitié, mais quand même. On passe une méchante belle soirée. Sauf que c’est bien beau tout ça, mais moi, j’ai faim. Allez! À la maison. Mission : soupe au chou.

 

Valentine Vermeil le 22.01.2024
Premier atelier

 
3e groupe des CM1-CM2 à Bécordel-Bécourt. C’est une petite classe de campagne. Tous les élèves (sauf un), viennent de communes alentours : Bouzincourt, Fricourt, Mametz, Carnoy, Curlu, Montauban-de-Picardie, Combles, Ville-sur-Ancre, et Bray-sur-Somme. Qu’Ils sont mignons et disciplinés ! Je commence la séance en me présentant, j’enchaine sur la photo, le projet, les façons de raconter un territoire. Je les fais parler des lieux qu’ils aiment dans leur commune, de leurs activités extra-scolaires, de leur animaux domestiques, j’essaie d’en savoir un peu plus sur chacun. Pour la prochaine fois, je demande à ce qu’ils ramènent des images de leur environnement, l’idée de collage et découpages est une possibilité. Nous irons aussi nous promener dans le village. Tout est à faire, à imaginer, à créer !
 
 
ateliers 11

 


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